J'avais décidé d'aller assister à un office dans le mouroir de la Cité de la Joie. Comme d'habitude, Patrick m'accompagnait.
La grosse porte de bois s'ouvre sur une cour intérieure, nous descendons quatre marches, une soeur nous indique les escaliers qui mènent à la chapelle ; nous comprenons à son regard que l'office est déjà commencé. Nous grimpons sur la pointe des pieds, tout le monde est recueilli, silencieux. Une vieille dame pieds nus, assise par terre contre la porte d'entrée, frappe sur mon fauteuil et en silence, du bout du doigt, m'invite à aller un peu plus loin dans la salle, près d'un groupe de touristes déjà en prière. En face, une vingtaine de soeurs s'adressent à Dieu en silence.
C'est plus tard que je reconnais la vieille dame, lorsqu'elle accède à l'autel et alors un sentiment de honte m'envahit : comment n'ai-je pas pu identifier le visage de  cette Mère si vénérée.
La messe a commencé par des chants.
L'office terminé, nous sortons sur le balcon qui donne sur la cour intérieure, la dizaine de touristes se mettent en rang d'oignons visiblement au courant des traditions ou habitués aux offices dominicaux.  Mère serre la main de chacun d'eux accompagné d'un GOD BLESS YOU mille fois répétés, puis disparaît . Patrick ainsi que deux autres touristes m'aident à descendre les escaliers.
De nouveau dans le vacarme de la rue, la porte de bois refermée, Patrick me demande ce que je veux faire à présent, je ne sais quoi lui répondre, je suis à la fois content et déçu : satisfait d'être venu et d'avoir pu assister à une messe dite par mère Thérésa et désappointé de ne pas avoir pu lui dire pourquoi nous étions ici.
Au même moment, dans mon dos, la porte de bois s'ouvre à nouveau ; vêtue de sa robe tyique " de la congrégation des missionnaires de la charité" de Mère Thérésa, blanche et bleue, une soeur se dirige vers moi et me pose la main sur l’épaule. Je me retourne surpris. Elle me  parle doucement à l'oreille : " Mère sait que tu es venu pour la voir et elle t'attend. "
Je n'en crois pas mes oreilles.
- Vite ! dis-je à Patrick, aide-moi à remonter les trois marches de l'entrée, vite vite...
Je n'ai pas terminé ma phrase, que du haut des marches, Mère me regarde et m'invite d'un signe de la main à ne pas bouger :
- C'est moi qui viens vers toi.
A ce moment-là, je ne savais même plus mon nom. Les trois dernières touristes suisses encore dans la rue sont restées bouche-bée , elles devaient se demander qui je pouvais bien être pour avoir pareil honneur.
Une fois près de moi, Mère me prend les mains, elle me parle de notre mission sans que je ne lui dise quoi que ce soit à ce sujet, elle fait aussi allusion à ses soeurs qui sont au Bangladesh. Ensuite elle me bénit à nouveau en enfonçant son pouce très fort entre mes deux yeux, elle m'offre sa médaille en me soufflant quelques mots personnels dans l'oreille. Enfin elle m'invite à revenir la voir une fois la mission au bangladesh terminée pour discuter plus longuement, ce que je fis cinq mois plus tard.
Ces instants ne durèrent que quatre ou cinq minutes mais j'eus l'impression que cela s'était prolongé sur des heures.
Elle repart dans la cour intérieure du mouroir me laissant là immobile, dans la rue,  incapable du moindre mouvement.
Patrick me demande à nouveau ce que je veux faire à présent. Je rentre me coucher.....
Pendant ce sommeil des cauchemards horribles m'ont assailli : mon crâne s'est ouvert en deux et des litres de pus s'en échappaient.
Les jours qui suivirent cette rencontre furent également difficiles : j'ai attrapé une dysenterie interminable, à croire que je devais me vider de quelque chose.
Depuis cette rencontre, plus rien n'a été pareil dans ma vie.

QUE DIEU TE BÉNISSE MÈRE THÉRÉSA....   Depuis sa disparition je suis retourner prier sur son tombeau.

Première Rencontre avec Mère Thérésa à Calcuta
mère
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